Douance
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| Les termes "doué", "surdoué", "précoce" ou "haut potentiel" recouvrent une même réalité : la douance, aussi appelée surdouance ou surdouement. Douance n'est pas synonyme d'intelligence. Ce que ce n'est pas : un individu "comme les autres", mais avec un haut QI ou une intelligence supérieure. Introduction sur l'enfant précoce en général Ce que c'est : un individu avec un fonctionnement cérébral différent (on dit qu'il est "câblé différemment") qui se caractérise par : - Surtout, un mode de pensée et un comportement psychoaffectif différents (hypersensibilité, intensité, ...) qui génèrent un décalage permanent par rapport à « la norme ». - Souvent, un bon potentiel intellectuel, grâce auquel certains lui reconnaissent parfois une certaine intelligence. Intelligence qu’il ne manifeste pas nécessairement, ou seulement dans certain domaine (intellectuel et/ou créatif), dont il n’est pas toujours conscient ou que sa lucidité naturelle l’empêche de reconnaître. D'apparence normale, les surdoués ne se distinguent en rien de la population qui les entoure : certains sont matheux, d'autres ont les maths en horreur ! Seul leur fonctionnement mental (invisible à l'oeil nu) diffère quelque peu. "Etre surdoué ne signifie pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec un mode de pensée, une structure de raisonnement différente. L'intelligence de l'enfant surdoué est atypique. C'est cette particularité qui rend souvent difficile son adaptation scolaire, mais aussi son adaptation sociale. C'est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité." Jeanne Siaud-Facchin, "L'Enfant surdoué, l'aider à grandir, l'aider à réussir" Ce n'est donc pas connaître son QI qui est important, c'est avoir la confirmation qu'on fonctionne différemment, apprendre en quoi ça consiste, apprendre le fonctionnement des individus dans la norme, comprendre pourquoi ça ne colle pas toujours et comment ça peut éventuellement coller. Mais qui sont ces enfants pas tout à fait comme les autres ? Que ressentent-ils ? Comment vivent-ils leurs spécificités ? Pourquoi échouent-ils bien trop souvent à l’école, sabordant leurs compétences et le fondement-même de leur identité ? Etre doué n’est pas une pathologie, mais une particularité qui peut devenir difficile à vivre si l’enfant n’est pas décelé à temps et compris dans sa spécificité. Quand c’est le cas, différents problèmes peuvent survenir : dépression, échec scolaire, tentative de suicide, troubles alimentaires… Il est donc essentiel d’aider les enfants à haut potentiel à s’adapter à un système qui ne fonctionne pas comme eux. Une personne douée a un mode de pensée et un comportement psychoaffectif différents de la norme : excellente mémoire à court et à long terme, hypersensibilité, créativité, intuition, pensée en arborescence (la pensée en arborescence explore tous les possibles de toutes les branches qui s'offrent à notre réflexion), et non séquentielle, (la pensée séquentielle est une structure de pensée linéaire, de pas à pas qui s'inscrit dans le temps), comme c’est le cas chez la plupart des enfants; d’où risque d’échec scolaire, ce mode étant privilégié dans l’enseignement. Le mode de fonctionnement d’un enfant surdoué est trop différent pour s’adapter sans dommages aux normes scolaires fixées par le système éducatif et pour s’intégrer au sein des différents groupes de pairs qu’il rencontre au quotidien. Sous la pression scolaire ou sociale normalisatrice, le jeune à haut potentiel qui se sentira inadapté pourra être poussé au déni de ses possibilités ou à sa marginalisation sociale. Lorsqu’un enfant ou un adolescent vit cette situation quotidiennement et en ignorant totalement la cause de ses difficultés, deux solutions s’offrent à lui pour exprimer son mal-être : soit il accuse le monde extérieur et le rend responsable de tous ses maux. Il extériorisera alors ses difficultés à vivre cette situation en adoptant des comportements alarmants (arrogance, prétention, hyperactivité, ... ou isolement, dissipation, rêverie, parfois confondus avec un déficit d'attention) ; soit il se persuadera petit à petit que c’est lui qui est anormal et il intériorisera sa douleur par des comportements autodestructeurs (dépréciation, automutilation, troubles alimentaires, dépression…). Que faire pour aider les enfants HP (enfants à haut potentiel)? "Un surdoué est comme tout le monde, ... mais plus !" - plus rapide parce qu'il capte plus vite, mais plus lent parfois, parce qu'il est perfectionniste, - plus agité parce que plus énergique, mais aussi plus calme, quand il fixe son attention sur un sujet qui l'intéresse, - plus sensible, plus affectueux, mais aussi parfois plus froid, indifférent quand il veut se protéger, - plus généreux, mais aussi plus économe, - plus indulgent, mais aussi plus exigeant, ... Pour leur offrir les meilleures chances de s’épanouir, il est indispensable de :
Il faut être conscient que chez l'enfant précoce, seul le niveau intellectuel est en avance, les autres composantes de la personnalité suivent un développement normal, voire présentent, parfois, un léger retard. « Pour parler de ces enfants, J.-C. Terrassier a créé le terme de « dyssynchronie », élément du vocabulaire grec de « dys » : difficulté, « syn » : avec, « chronos » : le temps. La dyssynchronie de l'enfant intellectuellement précoce ne serait autre que la difficulté pour lui, à la différence de la plupart des autres enfants, à présenter un développement homogène des différents secteurs de sa personnalité, c'est-à-dire : entre les niveaux intellectuels, affectifs, psychomoteurs et graphomoteurs. » Chaque enfant intellectuellement précoce doit assurer quotidiennement ce déséquilibre entre les différents secteurs de son développement. Dyssynchronie Intelligence – Psychomotricité Les enfants sont souvent perçus comme assez maladroits, voire empotés mais peuvent montrer paradoxalement une capacité extrême lors d’activités les intéressant et exigeant une psychomotricité très fine. En effet, les enfants vont fréquemment éprouver des difficultés au niveau de l’écriture et très mal vivre cette main qu’ils considèrent comme rudimentaire parce qu’incapable de suivre le rythme de la pensée. Dyssynchronie Intelligence – Affectivité Cette part de leur dyssynchronie est sans doute celle qui interroge le plus les adultes quand il est question d’enfants intellectuellement précoces et pour laquelle il est fait référence à la fameuse IMMATURITE, source d’incompréhension majeure concernant ces enfants. - L’anxiété au quotidien ou les peurs de la nuit qui ne sont pas maîtrisables par le raisonnement ; on suppose que ces enfants dont on connaît, par ailleurs, la qualité de l’intelligence, devraient savoir se raisonner. Mais il n’en est rien et ils n’y peuvent rien. Par compensation, face à ces angoisses, ils peuvent mettre en place des rituels que l’on peut prendre pour des manies. Tout étant question de mesure et tant que ces manies n’envahissent pas toute la vie quotidienne, elles ne doivent pas être cassées puisqu’elles sont une soupape à l’angoisse. Certains parents et d’autres adultes ont des difficultés à accepter ces comportements dyssynchroniques : par exemple, les comportements - bébé que manifestent bon nombre de ces enfants paraissent, là encore, en contradiction avec leur capacité de raisonnement et la qualité de leur questionnement. Mais dans la mesure où ces types de comportements sont constitutifs de leur personnalité, il ne faut pas essayer de les faire grandir plus vite dans ce domaine, car ils seraient contraints à développer une fausse maturité de façade et une frustration chronique. De plus, faire appel à la raison, à l’intelligence ne pourrait être que source d’angoisse. Par contre, nous les adultes, nous pouvons essayer de les aider à vivre au mieux cette dyssynchronie, par un accompagnement tolérant et respectueux |
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